L’homme et le numérique

L’homme en devenir avec le numérique

 

 

Les articles à la suite permettent d’ouvrir des pistes de réflexion pour mieux se situer face à l’utilisation des outils numériques

 

 

La technique ne sauvera pas le monde
Par Jean-Pierre Tuquoi (Reporterre)
Dans « Le Bonheur était pour demain », l’ingénieur Philippe Bihouix démolit efficacement les illusions d’une réponse technologique à la crise écologique. Quant à l’économie circulaire, c’est un fourre-tout tout aussi vain. La vraie solution est d’aller vers la sobriété.Tous ceux qui sont convaincus que demain, on pourra se rendre de Paris à New York en trente minutes, que la colonisation de Mars — et au-delà — n’est qu’une question de temps, que le stockage de l’information sur de l’ADN est à notre portée, bref que les lendemains s’annoncent radieux pour l’humanité, tous ces optimistes béats devraient lire le dernier livre de Philippe Bihouix. Il les aiderait à redescendre sur terre. Voir plus


En éliminant les frontières tangibles de l’espace et du temps, notre monde numérique a remis en cause les vieux schémas de gouvernance. Autrefois, tout paraissait, en apparence, plus simple : les corps constitués ou intermédiaires pouvaient en cas de crise aiguë servir de référent et proposer aux différents acteurs un langage commun. La France et son héritage centralisateur n’a pas échappé à ce chambardement. Les « gilets jaunes » sont l’une des formes d’expression de ces secousses. Ils illustrent dans la vie réelle le fonctionnement d’une partie du monde virtuel : dénonciation, revendication, insulte, complotisme, se mêlent à l’inquiétude engendrée par un environnement d’autant plus inquiétant qu’il n’est pas compris. L’ignorance nourrit la peur qui est naturellement le carburant de la violence.
En réagissant à des sollicitations et des impulsions désordonnées, en se précipitant sur les vérités comme sur les mensonges – les fake news se diffusant parfois plus rapidement que les informations véritables – nos sociétés sécrètent une multitude de ces aléas. Cela fonctionne comme une pluie de météorites incontrôlables. Pour y répondre, il faut donc inventer une nouvelle agilité, de nouveaux boucliers et, surtout, une nouvelle stratégie.

Voir plus

 

Luc Julia : “Non à l’intelligence artificielle, oui à l’intelligence augmentée !”

PAR Sylvain Henry

Le scientifique et entrepreneur français Luc Julia, ancien chercheur au CNRS, souligne toutes les potentialités de l’intelligence “augmentée” pour la sphère publique et invite à balayer les stéréotypes anxiogènes car, dit-il, l’intelligence relève de l’humain et non des robots. Cocréateur de Siri, l’assistant vocal d’Apple, Luc Julia, aujourd’hui vice-président de l’innovation chez Samsung, est l’auteur de l’ouvrage L’intelligence artificielle n’existe pas, chez First éditions. Voir plus

Cette communication évolutive permet de sortir de l’esprit de clan , de l’esprit corporatiste et de la lutte des classes .

 

 

Communication coopérative à l’heure du numérique
Les temporalités entrecroisées des réseaux sociaux

par Claire Bidart, Michel Grossetti

Les réseaux sociaux, entendus ici comme des systèmes de relations entre des personnes, supportées ou non par des dispositifs numériques, font désormais l’objet de nombreuses études en sciences sociales). Cependant, ils sont encore trop rarement abordés sous l’angle de leurs temporalités (les manières de vivre et de pratiquer le temps, les rythmes sociaux).

Un récent numéro de la revue Temporalités met en lumière l’apport des perspectives temporelles dans l’analyse des réseaux interpersonnels autour de quatre thèmes :

– l’articulation entre réseaux et temporalités biographiques ;

– les formes de couplage entre les carrières ;

– l’articulation entre les dimensions de l’individu, du groupe et du réseau ;`

– les dynamiques plus globales d’émergence de « mondes » économiques à partir de réseaux.

Voir plus

« Avec les technologies, on se rend compte qu’on passe vite de consommateur à esclave, puis d’esclave à produit »

À l’échelle individuelle, plus on émet de données, plus on utilise d’appareils connectés, plus on connecte nos comptes entre eux, plus on alimente cette usine de l’exploitation des données et plus il est facile de nous surveiller. Voir plus

Surtout si l’emploi du numérique reste toujours un prolongement de la simple consommation de matériel

« La dictature du changement perpétuel est le nouvel instrument de soumission des salariés »

Les nouvelles méthodes de management se prétendent au service de l’épanouissement des salariés, de leur « savoir être » et de la « réalisation de soi » en entreprise. Danièle Linhart, spécialiste de l’évolution du travail et de l’emploi, démonte ces impostures et montre comment le management moderne s’inscrit dans la lignée du travail à la chaîne théorisé par Taylor et Ford pour toujours mieux asservir les salariés. Objectif : déposséder les travailleurs de leurs savoirs et de toute forme de pouvoir dans l’entreprise. « Le patronat ne veut surtout pas que la contestation massive qui s’est exprimée en 1968 ne se reproduise », explique-t-elle. Entretien.

L’intelligence collective plus forte que les robots
Par Anne Méaux Présidente Fondatrice chez Image 7
Nos sociétés vivent depuis vingt ans l’avènement du numérique et semblent pourtant le découvrir encore. Cette révolution est d’abord un accélérateur de la performance économique mais la communication tient une place essentielle, fondatrice au cœur de ce développement. Transmettre des ordres, des informations, stocker des fichiers de plus en plus gros, traiter des flux de plus en plus riches dessinent jour après jour, de nouvelles frontières.

 

Données personnelles : le temps est-il venu de paniquer ?

Par Nicolas Demorand France Inter

Quatre-vingts secondes ce matin sur le travail, remarquable, mis en ligne ce week-end par le New York Times, consacré à la question des données personnelles.

Ces données personnelles… Tout ce que nous semons avec notre téléphone, notre tablette, notre ordinateur mais aussi, à mesure que les outils se démocratisent, les caméras qui surveillent l’intérieur ou l’extérieur de votre maison, les assistants vocaux, les montres connectées — j’arrête là, on produit autant de données qu’on respire.
Alors le temps est-il venu de paniquer ?

Oui répond Fahrad Manjoo, l’un des grands spécialistes « technologie » du New York Times. écouter l’émission 

Dans le système alimentaire mondial, la révolution agricole « high-tech » pourrait bouleverser les rapports de force au détriment des plus faibles

Dans le système alimentaire mondial, la révolution agricole « high-tech » pourrait bouleverser les rapports de force au détriment des plus faibles

À lafaimexpliquee.org, nous avons déjà attiré l’attention de nos lecteurs sur l’importance et quelques caractéristiques de la révolution « Big data » se produisant dans notre système alimentaire , bien que l’on considère en général ce système est en retard de ce point de vue sur la plupart des autres secteurs.

Deux rapports récents, l’un du Parlement européen et l’autre de l’OCDE nous aident à avoir une meilleure connaissance des changements en cours et une compréhension des conséquences possibles de cette transformation.

La révolution agricole « high-tech », quèsaco ? Suite